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Mot du Président
La naissance d’un enfant est très souvent un événement heureux qui rempli de joie les parents. Cet événement confère une certaine assurance et une certaine crédibilité sociale. On devient, à juste titre, responsable du bon équilibre social d’une autre personne que soi; on devient responsable d’une autre vie. Toutefois, cet événement heureux est souvent, dans la plupart des cas, transformé en déception quand on apprend que notre enfant souffre d’une maladie et qu’il n’existe pas de médicaments pour le guérir. Instantanément, l’amour que l’on éprouve se confond avec l’inquiétude, mais plus encore, la volonté de le voir vivre le plus longtemps possible se confond avec l’impuissance de ne pouvoir rien faire en tant que parent pour le soulager. On devient dès lors, spectateur de la dégradation de sa condition de santé. Nous pouvons convenir qu’il s’agit là des complications difficiles à vivre pour tout parent. Malheureusement, ces conditions sont vécues par tous les parents d’enfants souffrant d’anémie falciforme (encore appelée drépanocytose). Ces difficultés sont d’autant plus évidentes qu’elles affectent aussi bien la condition de vie des parents (qui sont obligés de faire face aux crises répétées de l’enfant malade), que leurs conditions économiques (il se produit assez souvent une régression des avoirs financiers des parents, tenus de payer des médicaments à l’enfant). Le Gabon, à l’exemple des pays d’Afrique, fait parti des pays économiquement moins développés (PEMD). Cela se traduit par une faible croissance économique, la croissance du niveau de pauvreté des gens, l’analphabétisme, les mauvaises conditions alimentaires (mal nutrition et sous alimentation des familles) mais plus encore, l’impuissance de l’État d’apporter des réponses concrètes à tous ces maux. Un tel environnement socio-économique, qui de surcroît se retrouve géographiquement dans la zone à très haut risque de la maladie d’anémie falciforme (voir notre site), donne un mélange très explosif. En effet, l’ignorance causée par l’analphabétisme des populations locales, le manque de moyens financiers de ces populations et l’absence de sensibilisation des pouvoirs publics, font que l’anémie falciforme est presque perçue comme une maladie honteuse, un sujet tabou. Pis encore, souvent les explications apportées par les familles pour justifier l’état de santé des enfants malades sont un amalgame confusionnel entre les croyances locales et les bribes non fondées des pseudo intellectuels locaux. L’anémie falciforme est pour ainsi dire, incomprise au Gabon (comme cela est d’ailleurs le cas dans les autres pays d’Afrique au Sud du Sahara). Les populations locales ne disposent pas de moyens financiers et matériels pour mieux comprendre la maladie. Nous nous confortons dans l’idée que c’est l’inaction des hommes de bien qui permet au mal de triompher. Mieux encore, nous pensons que, lorsque nous sommes convaincus du bien fondé de notre action et qu’il soit possible que la majorité en tire profit, alors il est juste de la mener jusqu’au bout. Nous sommes conscients qu’il n’existe pas encore de traitement pour guérir l’anémie falciforme. Toutefois, les avancées scientifiques et les recherches actuelles sur la maladie permettent de nourrir un espoir justifié. Mieux encore, il est aujourd’hui possible d’avoir un contrôle plus ou moins fiable de l’anémie falciforme. Pour y parvenir, il faut une prévention et une sensibilisation continue sur la maladie. Il faut mettre à la disposition des populations les plus à risque et des personnes malades, l’information nécessaire, capable de provoquer une prise de conscience tangible. L’ONG DRÉPA-GABON que nous avons décidée de mettre en place se veut un outil capable d’apporter un maximum d’informations à la population du Gabon mais aussi au reste des pays d’Afrique noire, par la mise en place d’un site Web. Toutefois, la tâche reste immense et nous en sommes conscients. Nous sommes donc ouvert à toute action ou aide des personnes morales et physiques, désireuses de nous accompagner dans notre action. Cette action n’est d’ailleurs pas fermée mais se veut ouverte et capable d’embrasser d’autres ensembles et d’autres partenariats. Le Président de l’ONG, DRÉPA-GABON Martin AKOUANGOU
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